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Les enfants et les jeunes sont très différents dans leur façon de penser, de percevoir, d’appréhender le monde et d’y évoluer. Certains sont neurodivergents, avec par exemple un trouble du déficit de l’attention (TDAH), des difficultés d’apprentissage (dyslexie) ou un trouble du spectre autistique. D’autres vivent avec un handicap physique ou des troubles cognitifs.
Les médias numériques offrent à tous ces jeunes de grandes opportunités : ils font tomber les barrières, favorisent la participation, stimulent les forces individuelles et offrent des espaces de protection. Cependant, ils peuvent aussi dresser de nouveaux obstacles, notamment lorsque l’utilisateur se sent dépassé ou surstimulé, ou lorsque la technologie, les applications ou les formats d’enseignement ne sont pas conçus de manière accessible.
La participation numérique est un droit.
Une technologie appropriée peut améliorer la participation de manière décisive.
Les enseignants et les parents jouent un rôle clé pour l’inclusion numérique.
Contenu
Le terme « neurodiversité » exprime l’idée que le cerveau humain n’a pas qu’une seule façon correcte de fonctionner. Bien au contraire, la diversité neurologique est considérée comme naturelle, comme la diversité biologique l’est dans la nature. Les personnes dont le développement neurologique est dans la norme sont qualifiées de « neurotypiques ». Les personnes dont le cerveau traite, structure et filtre les informations différemment sont qualifiées de « neurodivergentes » ou « neuroatypiques ».
L’étiquette « neurodiversité » (aussi appelée « neurodivergence » ou « neuroatypie ») englobe différents profils. Nous nous limiterons ici aux caractéristiques qui sont les plus pertinentes par rapport à l’utilisation des médias numériques.
Les principaux symptômes du TDAH (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, CIM-11 : 6A05) sont un niveau élevé d’énergie ou d’agitation (interne), des réactions impulsives et des difficultés à se concentrer. Les personnes atteintes d’un TDAH ont souvent de la peine à terminer des tâches, à contrôler leurs émotions ou à suivre des instructions. Cependant, elles peuvent aussi faire preuve d’une extrême concentration ou se montrer particulièrement créatives et persévérantes lorsqu’elles se consacrent à des sujets qui les intéressent.
Il n’est pas toujours simple d’identifier un TDAH. Certains enfants concernés sont constamment en mouvement et agissent de manière impulsive, alors que d’autres se montrent plutôt rêveurs et désorganisés. À la puberté, ils manifestent des sauts d’humeur et leur sentiment d’être différent se renforce.
Il faut distinguer entre TDA avec et sans hyperactivité. Dans l’ensemble, la recherche estime que 4 à 5 % de la population est concernée par le TDA(H).
Les stimulations et notifications permanentes ainsi que les changements rapides de contenus peuvent rendre plus difficile la régulation des émotions.
Les fonctions de défilement et de lecture automatique empêchent de s’arrêter consciemment.
Le cerveau d’un enfant atteint d’un TDAH n’est souvent pas réceptif aux règles classiques comme « d’abord les devoirs, ensuite le temps d’écran ».
Des études montrent que les enfants et les jeunes atteints d’un TDAH sont souvent très intéressés par les médias numériques, qui répondent parfaitement à leur besoin de stimulation intense et de récompense immédiate.
Ces instruments peuvent également leur servir d’exutoire pour faire face à la frustration dans leur vie quotidienne ou à l’école. C’est particulièrement flagrant dans le domaine des jeux vidéo, où l’utilisateur a des objectifs clairs, reçoit un retour immédiat et peut constater des progrès. Les jeux s’adressent ainsi directement au système de récompense du cerveau TDAH.
Les jeux rapides et ceux qui comportent des boucles de récompense infinies (par ex. les jeux multijoueurs en ligne) sont particulièrement problématiques. Pour les enfants qui ont déjà de la peine à contrôler leurs impulsions, il est très difficile d’arrêter de jouer.
À cela s’ajoute ce que les spécialistes appellent l’hyperconcentration (hyperfocus) : lorsqu’un sujet ou une tâche les passionne, les enfants et les jeunes atteints d’un TDAH peuvent y consacrer toute leur attention, d’une façon extrêmement intense et persévérante, et ce pendant des heures.
D’après la recherche, il y a un lien, mais pas de relation de cause à effet. Il s’agit plutôt d’une boucle : le TDAH augmente le risque d’une utilisation problématique des médias, dont la consommation excessive peut à son tour renforcer des symptômes tels que l’inattention et l’agitation.
L’important n’est pas le temps d’écran en lui-même, mais le type d’utilisation qu’en fait la personne ainsi que ses besoins.
Les jeux calmes, comme les jeux de construction ou les jeux d’énigmes, peuvent aider certains enfants à se calmer après une journée fatigante ou à atténuer leur agitation intérieure.
Quels contenus et règles sont utiles pour les enfants avec un TDAH ?
TDAH et médias numériques : quand il est difficile de s’arrêter
L’autisme (trouble du spectre de l’autisme, CIM-11 : 6A02) n’est pas un diagnostic uniforme, mais recouvre un large spectre. Les personnes concernées ont en commun le fait que leur cerveau traite les signaux sociaux, le langage et les stimuli sensoriels différemment de celui des personnes neurotypiques. La manière dont cela se manifeste au quotidien est cependant très individuelle. Les personnes autistes rapportent souvent que les interactions sociales sont éprouvantes : les expressions du visage et les gestes sont difficiles à interpréter, les conversations se déroulent à un rythme qui laisse peu de place à la réflexion. Il leur est également difficile d’expliquer leurs sentiments ou leurs besoins.
Alors que l’intérêt des personnes atteintes d’un TDA pour certains thèmes peut très vite varier, les personnes atteintes d’un trouble du spectre de l’autisme manifestent souvent des intérêts marqués et durables. Il leur arrive de concentrer toute leur attention sur un thème particulier, par exemple les trains, l’astronomie ou une franchise de jeux vidéo, et ce pendant des années, voire même toute leur vie. Le « syndrome du savant » désigne des capacités exceptionnelles dans un domaine très spécifique, comme une excellente mémoire des chiffres ou un talent musical hors norme.
D’autres talents très répandus sont des capacités d’analyse exceptionnelles, une perception fine des détails ou une créativité particulière.
Les enfants autistes ont souvent du mal à interagir ou à jouer avec les autres. Beaucoup sont également très sensibles aux bruits, à la lumière ou aux contacts physiques. À l’adolescence, c’est le sentiment d’être différent et de ne pas appartenir au groupe qui domine.
Les troubles du spectre de l’autisme touchent environ 1 % de la population. Dans de nombreux cas, le diagnostic n’est posé que tardivement, voire jamais.
Les jeunes peuvent se sentir dépassés sur les plateformes qui comportent trop de stimuli.
Les chats de groupe, avec leurs dynamiques changeantes et leurs contenus ironiques, sont souvent difficiles à comprendre pour les personnes concernées.
Les réseaux sociaux, avec leurs règles implicites, leurs tendances changeantes et leurs situations de communication ambiguës, peuvent également être difficiles à appréhender.
Pour les enfants et les jeunes autistes, les jeux ou les réseaux sociaux sont une source de soulagement : les signaux non verbaux disparaissent et chacun peut communiquer à son propre rythme. Il est parfois plus facile de se faire des amis en ligne, et les activités numériques peuvent contribuer à réduire le stress. D’un autre côté, le risque d’une consommation excessive augmente lorsque les médias numériques deviennent le principal moyen de gérer les émotions difficiles ou lorsque le jeune est séduit par la répétition et les stimuli visuels.
Des études montrent que les jeunes présentant des troubles du spectre de l’autisme sont davantage exposés au cyberharcèlement et aux agressions sexuelles en ligne. Ces personnes ont en effet plus de mal à identifier l’ironie, les doubles sens et les intentions manipulatrices ; elles ont aussi une perception moins intuitive des limites sociales. De plus, elles font souvent leurs premiers pas en ligne à un âge plus précoce que leurs pairs neurotypiques et elles y passent plus de temps, ce qui les expose davantage aux risques.
Cyberharcèlement
Santé mentale
Abus sexuels
Mon enfant autiste est très souvent en ligne. À partir de quand faut-il s’en inquiéter ?
Lorsque la vie est plus facile en ligne : l’autisme et le numérique
On parle également de troubles développementals de l’apprentissage avec troubles de la lecture et/ou difficultés en mathématiques (CIM-11 : 6A03.0 / CIM-11 : 6A03.2).
Ces deux troubles concernent la manière dont le cerveau traite certaines informations. La dyslexie concerne l’écriture et le langage ; la dyscalculie, les chiffres et les quantités. Ces troubles n’ont rien à voir avec l’intelligence et ils ne sont généralement détectés que lorsque les exigences scolaires augmentent.
Les personnes atteintes de troubles de la lecture lisent souvent plus lentement, inversent des lettres ou ont du mal à retenir ce qu’elles lisent. Celles avec un trouble de l’apprentissage avec difficultés en mathématiques ont du mal à comprendre les relations entre les chiffres ou perdent rapidement le fil lorsqu’elles calculent. Figurant parmi les troubles de l’apprentissage les plus fréquents, ces deux troubles peuvent, avec la pression croissante des résultats scolaires, mener à une spirale de frustration et de manque de confiance.
Cependant, de nombreuses personnes concernées font preuve de grandes capacités, par exemple une cognition spatiale marquée, une pensée créative ou un grand sens pratique.
Les sites Internet contenant beaucoup de texte, les formulaires ou les plateformes d’apprentissage dépourvues d’une fonction de lecture vocale constituent des obstacles considérables.
La pression du temps lors de tâches ou de tests numériques constitue un désavantage supplémentaire pour les personnes concernées.
Même les captchas, ces petits tests de sécurité qui requièrent de taper des lettres ou des chiffres déformés, peuvent poser problème.
Quelles applis peuvent aider mon enfant dyslexique ?
Quand les lettres et les chiffres font obstacle : la dyslexie et la dyscalculie dans le quotidien numérique
Deux autres caractéristiques cognitives sont souvent citées en lien avec la neurodivergence, mais ne figurent pas comme diagnostics à part entière dans la classification internationale des maladies CIM-11.
Les enfants et les jeunes surdoués pensent plus vite et de manière plus complexe et connectée que la moyenne. Cela peut conduire à une sous-stimulation intellectuelle, un isolement social ou une hyperstimulation émotionnelle.
Les applications d’apprentissage simplifiées ou répétitives peuvent rapidement être perçues comme ennuyeuses. Il y a également un risque, pour les personnes concernées, de s’égarer dans des mondes numériques qui stimulent intellectuellement, mais isolent socialement.
Les personnes hypersensibles traitent les stimuli sensoriels, les émotions et les informations sociales de manière plus intense. Cela peut rapidement mener à une surcharge de stimuli.
Les notifications, les couleurs vives, les coupes rapides dans les vidéos ou les contenus émotionnellement bouleversants peuvent être source de stress et d’épuisement.
Les enfants hypersensibles face aux écrans
De nombreuses personnes peuvent manifester une sensibilité et une réceptivité prononcées. Des questionnaires et des tests peuvent permettre de déterminer si un enfant ou un adolescent présente une hypersensibilité. Il ne s’agit évidemment pas là d’un examen médical aboutissant à un diagnostic. Au même temps, l’hypersensibilité peut aussi être un signe de TDAH ou d’autisme. Cette caractéristique peut ainsi être l’occasion d’aborder le thème de la neurodivergence et de ses particularités. C’est précisément parce que les limites sont floues qu’un diagnostic peut s’avérer utile, notamment pour que les enfants et les jeunes concernés bénéficient du soutien nécessaire à l’école.
Le fait qu'une personne est considérée comme « handicapée » ne dépend pas uniquement d'une atteinte physique ou cognitive, mais aussi de la manière dont l'environnement est aménagé.
Le modèle social du handicap est basé sur cette idée :
Une élève qui ne parvient pas à parler n’est pas handicapée en raison de son mutisme, mais à cause d’un système scolaire qui ne connaît pas la communication améliorée et alternative (CAA).
De même, ce n’est pas en raison de son handicap visuel qu’une jeune personne non voyante ne peut pas accéder à Internet, mais à cause de sites dépourvus de lecteurs d’écran.
Pour offrir un soutien ciblé, on distingue souvent les domaines suivants.
Les handicaps physiques peuvent être très divers, allant d’une légère myopie à de graves limitations motrices ou à une surdité totale, par exemple. Le point commun entre tous ces handicaps, c’est que l’environnement inaccessible devient la véritable barrière. Cela vaut aussi pour l’espace numérique.
Motricité : de nombreux applications et sites Internet requièrent une manipulation très précise de l’écran tactile, du clavier ou de la souris. Un temps limité pour remplir un formulaire peut également constituer une barrière.
Déficiences visuelles et cécité : les sites Internet non accessibles, l’absence d’alternatives textuelles pour les images ou les PDF mal structurés constituent des obstacles considérables. Les graphiques, qui ne sont que des visualisations, ne sont pas accessibles sans description.
Déficiences auditives et surdité : les podcasts, les vidéos sans sous-titres ou les notifications purement sonores ne sont pas accessibles. Sur des plateformes telles que YouTube ou Microsoft Teams, une fonction de sous-titres automatiques est disponible, mais le résultat n’est pas toujours fiable.
Les troubles cognitifs affectent la manière dont les personnes concernées perçoivent, traitent, mémorisent et utilisent les informations. Ces handicaps peuvent être dus à des lésions cérébrales survenues à un âge précoce ou à des syndromes génétiques comme le syndrome de Down (trisomie 21). Les symptômes varient considérablement d’une personne à l’autre : alors que certaines personnes n’ont besoin que de peu de soutien au quotidien, d’autres nécessitent un suivi global.
Des interfaces utilisateur complexes, de longs textes sans support visuel ou des chemins de navigation peu clairs peuvent s’avérer trop exigeants.
Le temps limité pour certaines tâches numériques désavantage encore plus les personnes concernées.
En outre, les adolescents présentant des troubles cognitifs ont plus de difficultés à identifier les risques, à évaluer les contenus ou à déterminer quelles informations ils peuvent partager en ligne. Ils risquent ainsi davantage d’être victimes d’une fraude, d’être exploités ou exposés à un contenu inapproprié.
Les adolescents qui ont des difficultés à communiquer oralement peuvent trouver de nouveaux moyens d’expression grâce aux applications, aux chats ou aux réseaux sociaux.
Écrire, taper sur un clavier ou communiquer par le biais de symboles peut en effet être plus accessible que la communication orale.
De nombreux jeunes autistes jugent la communication numérique (texte, emojis) moins menaçante que les conversations en face-à-face, car les signaux non verbaux – contact visuel ou mimiques – peuvent être supprimés ou contrôlés.
Les médias numériques peuvent jouer un rôle important dans la régulation des émotions, par exemple pour les enfants et les jeunes autistes. Écouter de la musique, regarder une vidéo connue ou jouer à un jeu calme permettra à la personne de se calmer et d’évacuer le stress. C’est une stratégie d’adaptation légitime si elle est utilisée en toute conscience et qu’elle n’est pas la seule.
Les applications de gestion du temps, les programmes visuels pour la journée ou les fonctions de rappel aident les enfants et les jeunes neurodivergents à organiser leur quotidien de manière plus autonome.
Les médias numériques permettent un apprentissage autonome à son propre rythme. Les contenus peuvent être répétés aussi souvent que nécessaire, sans que la personne ne se sente jugée.
Les communautés en ligne offrent aux jeunes neurodivergents la possibilité de trouver des personnes du même âge partageant les mêmes idées, les mêmes centres d’intérêt ou des expériences similaires.
Les réseaux sociaux regorgent de créateurs de contenu qui assument ouvertement leur handicap ou leur neurodivergence. Ils y partagent leur vie quotidienne, déconstruisent les préjugés et donnent des conseils sur les aides possibles. Tout cela peut réduire l’isolement social et améliorer l’image de soi.
Réseaux sociaux
Les réseaux sociaux et les jeux, mais aussi les plateformes de streaming, sont conçus de manière à ce que l’utilisateur reste en ligne le plus longtemps possible. De nouvelles vidéos susceptibles de l’intéresser s’affichent en permanence. Dans les jeux, dès qu’un niveau est terminé, le joueur accède au suivant. Pour les enfants et les jeunes atteints d’un TDAH, dont le système de récompense fonctionne différemment, c’est précisément ce qui rend la maîtrise de soi encore plus difficile.
Si les adolescents autistes se retirent dans des mondes numériques pour mieux supporter le quotidien, cela peut les aider à court terme, mais risque de renforcer leur isolement à long terme.
Toute utilisation intensive n’est pas forcément problématique, mais la situation peut devenir critique lorsque le sommeil, les contacts sociaux ou l’école en pâtissent.
Les personnes qui ont de la peine à interpréter les signaux sociaux et les intentions d’autrui sont plus exposées en ligne, que ce soit au cyberharcèlement, à la fraude ou aux manipulations.
Cela concerne de nombreux enfants autistes, mais aussi des enfants présentant des troubles cognitifs, qui ont souvent du mal à identifier avec certitude les contenus et les situations sur Internet.
Si l’espace numérique offre des opportunités de contact et d’échange, il renforce également le risque de discours de haine et d’exclusion. Un langage ou une apparence atypique peut susciter des moqueries ou des insultes, voire entraîner l’exclusion de certains groupes. Pour les personnes concernées, qui recherchent souvent sur la toile un espace de protection contre les barrières de la vie réelle, cette expérience est particulièrement lourde de conséquences et peut affecter l’image de soi ainsi que la confiance dans la participation numérique.
Il est utile et important de fixer des règles. Au lieu de miser sur des interdictions, il faudrait au contraire apprendre progressivement aux enfants à utiliser les médias numériques de manière autonome en fonction de leurs capacités et de leur niveau de développement.
Les enfants et les jeunes, également ceux avec un handicap, sont souvent très habiles pour utiliser des applications et des appareils. Cela ne signifie pas pour autant qu’ils sont capables d’identifier les contenus ou de reconnaître les risques ni qu’ils savent ce qui est autorisé en ligne. C’est précisément là qu’ils ont besoin d’adultes.
Pour établir un lien de confiance, il faut s’intéresser à ce que les enfants et les jeunes aiment faire et vivre en ligne, les écouter sans porter de jugement hâtif et prendre leurs besoins au sérieux. C’est sur cette base que l’on peut aborder les incertitudes et les problèmes. Demander à son enfant comment il se sent après avoir joué est souvent plus révélateur que la question de savoir combien de temps il a passé en ligne.
Des règles claires aident particulièrement les enfants qui ont besoin de structure et de prévisibilité. Les règles doivent être formulées de manière positive, élaborées ensemble et respectées par tous, y compris par les adultes. Il est utile d’annoncer l’arrêt du temps d’écran et le passage à d’autres activités, par exemple au moyen d’un sablier ou d’une minuterie audible.
Les adolescents avec des troubles cognitifs ou un trouble du spectre de l’autisme ont souvent plus de mal à reconnaître les risques en ligne, par exemple lorsque le contenu est dérangeant ou que quelqu’un a des intentions manipulatrices. Les filtres et les blocages techniques peuvent être utiles, mais ne sont pas une garantie. Ce qu’il faut, c’est un accompagnement ouvert, adapté au niveau de développement de l’enfant, ainsi que des discussions sur la protection des données, les escroqueries et les contenus problématiques. Les activités communes telles que le traitement de photos ou le tournage d’un film sont non seulement l’occasion d’utiliser les médias numériques de manière créative, mais aussi de discuter de la manière dont on souhaite se présenter en ligne et de ce qui doit rester privé.
Un espace de travail bien rangé et calme pour les devoirs, sans appareils numériques à portée de main, aide les enfants et les jeunes à se concentrer. Par ailleurs, l’important est de trouver un bon équilibre entre les activités en ligne et hors ligne. L’exercice physique, les activités créatives et le temps passé à l’extérieur contribuent à cet équilibre.
Du matériel accessible, des aides telles que des fonctions de lecture à voix haute ou des applications de communication améliorée et alternative (CAA) favorisent une véritable participation. En outre, ce qui est développé pour les enfants et les jeunes ayant des besoins particuliers profite souvent à tous.
Les médias numériques sont utilisés aussi bien à la maison qu’à l’école. Pour pouvoir réagir plus tôt et apporter un meilleur soutien, il est important que les parents, les enseignants et les professionnels échangent régulièrement des informations.
Dans certains environnements, les personnes neurodivergentes sont confrontées à des barrières qui les handicapent d’un point de vue fonctionnel, et ce même si elles ne souffrent pas d’un handicap officiellement reconnu. Il arrive aussi que certains handicaps soient liés à des caractéristiques neurodivergentes. C’est pourquoi les mêmes solutions peuvent être profitables aux personnes de ces deux groupes. Ainsi, une mise en page structurée sera utile aussi bien à un garçon aveugle (avec le lecteur d’écran) qu’à une fille autiste (pour la prévisibilité). Les sous-titres pourront aider aussi bien les personnes sourdes que certaines personnes présentant un TDAH, qui ont du mal à suivre une description orale.
Les Règles pour l’accessibilité des contenus Web (Web Content Accessibility Guidelines [WCAG]) définissent trois dimensions qui montrent où se situent les barrières et comment celles-ci peuvent être supprimées de manière ciblée.
De nombreuses offres numériques supposent que les utilisateurs soient capables de lire des textes complexes, de comprendre rapidement des liens abstraits ou de ne pas se laisser submerger par des stimuli excessifs. Pour les adolescents souffrant d’un trouble de l’apprentissage, d’un TDAH, d’autisme ou de troubles cognitifs, ce sont souvent des obstacles considérables.
Approches concrètes :
Langue facile à lire : phrases courtes, phrases claires à la forme active, pas de mots étrangers. Cela aide les personnes présentant des troubles cognitifs ou un trouble du spectre de l’autisme, qui ont souvent du mal à interpréter les métaphores.
Visualisation : applications de minuterie, sabliers numériques ou systèmes de cartes illustrées (par ex. METACOM, Boardmaker). Ces outils aident à rendre compréhensibles des durées abstraites ou des processus complexes.
Présentation simple : guidage utilisateur clair, peu d’éléments susceptibles de perturber l’attention, interfaces adaptables (par ex. réduction des animations sur iPad, applications d’apprentissage spécialisées).
Aides à la structuration : listes de contrôle numériques, fractionnement des tâches, programmes visuels pour la journée ou la semaine.
Les informations doivent être présentées de manière à ce que les organes sensoriels les perçoivent de manière optimale. Il est préférable de le faire de manière à la fois visuelle et auditive.
Approches concrètes :
Alternatives textuelles : brève description textuelle en arrière-plan des images et des graphiques pour que les lecteurs d’écran puissent les lire aux personnes avec une déficience visuelle.
Contrastes, adaptation de la police et agrandissement : les textes doivent pouvoir être agrandis sans perte de qualité et présenter un contraste suffisant avec l’arrière-plan. C’est très important pour les personnes malvoyantes, mais cela peut aussi être utile pour celles qui ont de la peine à se concentrer. Dans les paramètres du système d’exploitation, on peut généralement modifier la taille de la police, le contraste et l’inversion des couleurs.
Audiodescription : pour les vidéos, les éléments visuels importants sont décrits par une voix off.
Lecteurs d’écran : VoiceOver (Apple), TalkBack (Android) et NVDA (Windows) lisent les textes et les éléments de commande.
Sous-titres (captions) : essentiels pour les personnes sourdes et malentendantes, ils aident aussi les personnes présentant un TDAH ou ayant une autre langue maternelle à mieux suivre le contenu.
Langue des signes : incrustations complémentaires ou avatars pour une véritable accessibilité.
Dans cette dimension, l’interaction physique avec l’appareil est centrale. Les personnes qui ne parviennent pas à manipuler une souris standard ou à appuyer sur les touches d’un clavier ont besoin d’autres moyens pour créer des contenus numériques.
Technologies d’assistance (AT) :
Périphériques d’entrée alternatifs : souris buccale, commandes de tête ou commandes oculaires (eye tracking) pour déplacer le curseur.
Claviers adaptés : clavier à une main, clavier à l’écran ou capteurs (boutons) qui réagissent aux moindres mouvements.
Logiciels adaptés :
Touches rémanentes et touches de filtrage, qui permettent d’éviter les saisies multiples involontaires en cas de tremblements ou de spasticité.
Commande vocale : elle permet de donner des ordres directement par la voix (dictée vocale).
Communication améliorée et alternative (CAA) :
Les applications comme MetaTalk ou GoTalk permettent aux enfants et aux jeunes qui ont de la peine à se faire comprendre par le langage oral de communiquer à l’aide de symboles et d’une fonction de synthèse vocale.
La Constitution fédérale interdit toute discrimination fondée sur un handicap (art. 8, al. 2) et prévoit des mesures en vue d’éliminer les inégalités qui frappent les personnes handicapées (art. 8, al. 4). La loi sur l’égalité pour les handicapés (LHand ; RS 151.3) garantit cette égalité de droit dans des domaines clés.
En cas de trouble diagnostiqué (handicaps, mais aussi dyslexie, TDAH, etc.), l’enfant a droit à des mesures visant à compenser ses difficultés. Il peut s’agir d’aides techniques, d’avoir plus de temps, des pauses ou encore un aménagement particulier de l’espace entre autres.
Dernière mise à jour du texte le 15.07.26
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